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Un E3 2013 qui s’annonce exceptionnel !

Les scandales de la dimension du « doritosgate » ne sont pas propre au monde du jeu vidéo. On peut en trouver un peu partout en fait : en politique, dans le domaine médical et même dans le monde - pourtant sensé être plus raisonnable que les autres -universitaire. Je veux dire par là que les personnes qui ont affaire aux conflits d’intérêts, aux pratiques gênantes de leur milieu existent, qu’en réalité elles sont légion et que seule une cécité sélective adossée à des arguments du type : "on parle de jeu vidéo, pas de politique, etc." permet d’ignorer leurs propositions, leurs initiatives pour tenter de régler ce problème. Il ne devrait donc pas être si difficile de trouver les outils pour comprendre, et pourquoi pas résoudre, la difficulté mise en lumière par cet évènement [1].

Que fait-on donc ailleurs pour résoudre ce type de problèmes ? Ailleurs, des limites, des gardes fous sont mis en place au comportement des individus qui sont dans des positions difficiles. On répond au vice de structure, au défaut du système (le mot est à la mode chez Merlanfrit) par des structures, des modifications du système, et non pas par d’impotentes chartes ou déclarations d’intention. À tout le moins, il existe des dispositifs permettant au public de contrôler la qualité de ce qui lui est proposé. Qui peut aujourd’hui dire quel est la part du financement de tel ou tel acteur du jeu vidéo dans Gameblog.fr ou Jeuxvideo.fr ? Qu’on l’admette ou pas, le fait qu’un éditeur puisse représenter jusqu’à un quart des revenus publicitaires d’un magazine de jeu vidéo pose de sérieuses questions quant à la possibilité même du travail que celui-ci prétend réaliser. On ne parlera même pas des NDA qui contractualise les rapports de soumission de la presse aux éditeurs.

Mais on nous assure un peu partout, les yeux dans les yeux comme lors du débat entre Erwan Cario, Grégory Szriftgiser (RaHaN), Medhi Camprasse (Medoc), Thierry Falcoz que la situation n’est pas du tout celle que l’on prétend, que chez nous ce n’est pas possible, que la situation de la presse française est très différente de la presse anglo-saxonne parce que la France, ce n’est pas les États-Unis (on aurait pu faire dans la référence historique en précisant que ce n’est pas non plus l’Union soviétique). [2]

Inutile donc de s’inspirer de ce qui se fait dans le monde politique, ou dans le monde médical. Non. Inutile d’importer ici, ce qui permet, là-bas, d’obtenir des journalistes et des individus plus de transparence, et par là même de permettre un contrôle par le public. Inutile de mettre en place une publicité des cadeaux et autres avantages offerts par les éditeurs aux journalistes - par exemple suite au médiator -, inutile également d’être vigilant vis-à-vis des professions exercées auparavant - à la manière dont on a pensé interdire à certaine profession d’être par la suite député -, dans le cas des journalistes il n’y a aucun problème à naviguer entre l’activité de RP (relation presse) et celle de journaliste.

Tout cela donc est inutile, la chose est entendue. L’indépendance règne sur la presse française, alors à quoi bon toute cette pagaille autour du Doritosgate ? Tout ça pour quoi ? Le doritosgate est arrivé au bon moment, il a bouché un trou dans l’actualité médiatique : l’attente insupportable de l’annonce des nouveaux supports de jeu que sont les PS4 et XboxOne. Maintenant ces annonces faites, le pouvoir d’attraction de ces deux évènements est décuplé par la répulsion du questionnement nécessaire sur les pratiques de ceux qui voudraient passer pour des journalistes.

Tous les sites et magazines (pour ceux qui restent) français vont donc se tourner, cette année encore, sans aucune justification vers un événement outre-Atlantique sans aucun véritable intérêt alors que, précisément, ce qui sera au coeur de l’actualité de la prochaine génération de console et, bien malheureusement, ce que sera pour une grande partie le jeu vidéo des dix prochaines années tiendra aussi dans la qualité de sa presse spécialisée. La distraction que constituera l’E3 aura cette année quelque chose d’exceptionnel, il occultera ce qui aurait pu être l’occasion rêvée de réformer enfin ce milieu consanguin et dégueulasse.

dimanche 26 mai 2013


[1Il faudrait bien sûr faire semblant que ce n’est pas la première fois que l’on doute sur les pratiques du milieu du jeu vidéo, que l’affaire Gamespot n’a jamais eu lieu, etc.

[2On notera tout de même la redoutable surprise dont font part les intervenants au début de l’émission. Les pauvres ont dû s’y reprendre à deux fois parce qu’ils ne s’étaient jamais - ô grand jamais !- posé la question des conditions de leur activité professionnelle. Ne doutons pas que pour certains, on ne les y reprendra pas !

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