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jeudi 31 janvier 2008

De quoi Call of Duty 4 est-il le nom ?

Quoi de plus anodin qu’un doom like dans l’univers du jeu vidéo pourrait-on se dire ? Si en effet le jeu Doom a définitivement posé les bases d’un genre le fait de passer de la chasse aux monstres à la chasse aux Arabes et aux terroristes (ce qui dans l’esprit de nos dirigeants devient sensiblement la même chose) ne devrait pas lasser de surprendre. Jeu-video et metapolitique ou comment, l’air de rien, assoir sa domination sur les esprits.

Le théoricien marxiste Gramsci, dans les années 30, affirmait que la domination politique passait au préalable par la conquête des esprits, conquête s’effectuant à coup de slogans et de productions culturelles véhiculant subrepticement idéologies et visions du monde. Ce le second cas qui va nous intéresser ici à travers l’analyse du jeu Call of Duty 4.

Mais rappelons tout d’abord ce que l’on doit entendre par métapolitique. La métapolitique est un concept crée par Gramsci pour désigner la diffusion dans la mentalité collective et dans la société civile de valeurs et d’idées de façon insidieuse,et-ce afin de gagner les esprits et les cœurs a une doctrine avant la conquête effective du pouvoir. Elle vise à la diffusion d’une conception-du-monde par l’usage de moyen de propagande classique ( slogans répétés à satiété comme des évidences, omniprésence médiatique de leaders charismatiques, etc.). Mais aussi par l’usage de productions culturelles comme le cinéma (le juif Züss en 1932), le théâtre (les productions de Brecht et de Piscator dans les années 20) ou la musique ( volonté de certains de créer des œuvres prolétariennes).

Ainsi, nous pensons que le Jeu vidéo doit être traité comme un produit culturel semblable au cinéma et à la musique. En effet si certains films se conçoivent comme de purs objets de divertissement, certains autres véhiculent plus ou moins ouvertement certaines valeurs et conception-du-mondes. On peut certes traiter un Jeu vidéo comme Call of Duty 4 comme une simple occasion de se divertir sans prétention aucune. Quoi de plus anodin en effet qu’un jeu de tir à la première personne de nos jours ? Toutefois, on est en droit de se demander quel est le discours d’un jeu qui jusqu’à présent faisait évoluer le joueur dans l’enfer de la Deuxième Guerre mondiale et qui maintenant le fait se mouvoir dans la guerre contre le terrorisme international.

On pourra toujours nous rétorquer que nous projetons sur ce jeu des significations qui n’y sont pas, ou bien qu’il ne faut pas prendre tout cela au sérieux, qu’il ne s’agit que d’un jeu. Certes, on est parfaitement en droit de le prendre pour ce qu’il est ( d’abord et avant tout un jeu de shoot) cependant nous ne pouvons ignorer qu’il existe un certain nombre de signes objectifs tendant à montrer que ce jeu affiche au premier degré,avec la plus parfaitement désinvolture,une idéologie problématique.

Conformément à notre définition du métapolitique, on semble se servir du support vidéo ludique afin de gagner les jeunes esprits aux thèmes du « choc des civilisations » comme allant de soi. A commencer par le slogan, « les armes changent, mais pas les hommes » indiquant comme une continuité de fond entre les premiers opus et le dernier-né. Là où nos grands anciens combattaient l’incarnation du mal sous la forme du nazisme, nous poursuivons la même lutte contre le même mal, mais cette fois sous la forme de ce qu’un « grand génie » des arts et des lettres du monde libre nomme l’islafascisme.

par Karl

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