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lundi 22 novembre 2010

Exclusif : la presse contre-attaque !

Parce qu’il est temps que ça cesse !

Compte tenu de leur position respective, les rapports entre éditeur et journaliste ne vont pas sans une certaine tension, tension que d’aucuns n’hésiteraient pas à appeler structurelle. Car il va du travail de l’un de vendre le plus possible et du travail de l’autre d’en faire la critique, c’est-à-dire de filtrer ce qui a prétention a être vendu le plus possible. Cette définition minimal du travail de journaliste comme guide d’achat semble être devenue insoutenable pour les éditeurs qui réclame de la part de la presse un alignement objectif sur leurs seuls intérêts bien compris. Mais cela ne se déroule pas vraiment comme prévu et les petits incidents que nous relations ici même via les affaires Dragon Age et Modern Warfare 2 n’étaient semble-t-il qu’un préambule au divorce qui s’annonce !

“ It’s on, bitch ! ”

Le véritable casus belli entre journalistes et éditeurs ? Les conditions de test des jeux ! En effet, les éditeurs font dorénavant venir les journalistes dans leurs locaux (ou dans d’autres lieux, mais toujours choisis par l’éditeur), pour leur faire tester les jeux, et ce, en un temps record. Si cette pratique n’est pas encore la règle aujourd’hui, il n’a aucun doute sur le fait qu’elle tend à le devenir en particulier pour les titres les plus importants. Notez au passage que l’importance d’un titre est mesurée uniquement à l’aune du paquet de fric qu’il aura fallu pour le développer et vous le vendre [1]. Ainsi, Heavy Rain est, pour toute personne sensée, un titre plus qu’anecdotique, en revanche, pour David Cage et ses actionnaires qui ont casqué des millions en production et en communication, c’est un titre de première importance [2] ! Et c’est pour cela, et non pas pour la qualité de ses interventions, que le bonhomme est interviewé un peu partout et qu’il se voit offrir des tribunes dans les magazines et sur internet.
À l’époque de la sortie de Halo 2 (voir Gamekult , le test en "retard"), quelques sites n’avaient d’ailleurs tout simplement pas produit leurs tests pour la simple et bonne raison qu’en leur for intérieur, ils ne pouvaient décidément pas faire un test de qualité dans de pareilles conditions. Conditions qui étaient tout simplement inacceptables et qui continues de l’être à l’heure actuelle !

Une fois encore, ce n’est pas la règle aujourd’hui, mais cela tend vraiment à le devenir. Qu’en sera-t-il demain ? Sur le terrain du test à domicile chronométré, le plus précoce fut sans doute Microsoft avec son Halo 2 (puis à nouveau avec Halo 3) mais d’autres, comme Activision avec ses Call Of Duty, lui ont déjà emboité le pas. À l’heure où j’écris ces lignes, plusieurs journalistes sont sans doute contraints de devoir faire des milliers de kilomètres pour pouvoir ne passer que quelques heures à tester un jeu. Pour certain, à n’en pas douter, le burn out n’est pas loin.

On en a gros !

ou le gameover entre journalistes et éditeurs.

Ce n’est rien de moins que ce qui s’annonce dans les jours à venir (d’après un comparse, ça ne saurait tarder...). La raison de tout cela ? La fronde menée actuellement contre le marché de l’occasion par les éditeurs de jeux, marché qui est au cœur de la vie du jeu vidéo depuis ses débuts. Avec en ligne de mire rien de moins que sa disparition, sauf si celui-ci arrive à s’accommoder de quelques légers changements tels que cette brillante idée qui consiste à mettre un code dans chaque jeu pour pouvoir profiter des fonctionnalités en ligne. Code qui ne serait, bien sûr, utilisable qu’une seule fois, ce qui impliquerait pour l’acheteur d’occasion d’en acheter un nouveau (disons 10€, cela semble raisonnable).

Bien sûr, cela vous paraîtra sans doute une raison bien peu valable et la réponse pour le moins disproportionnée, mais il s’agit là d’un énième point de désaccord qui acte la rupture entre la presse et les éditeurs. Ce qu’il faut bien avoir en tête c’est que depuis la mise en place des mesures telles que celles prises par Microsoft pour la sortie d’Halo 2, les journalistes ont l’impression de se faire balader [3] par les éditeurs et cette situation ne peut plus durer.

Ce qui est en jeu, ce n’est rien de moins que la liberté d’informer sur le jeu vidéo.

J’entends déjà les esprits chagrins moquer une telle déclaration, mais il faut qu’ils sachent qu’ils seront alors directement responsables de la disparition du jeu vidéo tel que nous le connaissions il y a quelque temps encore, et qui, s’il n’a pas encore totalement disparu, est promis à un sombre avenir !

Mais alors cette riposte ?

Avant tout, sachez que tout ceci, bien que très avancé et probablement imminent, n’existe encore qu’au stade théorique. Il ne s’agit que de l’initiative de quelques personnes, dans quelques rédactions françaises, et si cela ne saurait tarder, il ne faut pas non plus s’attendre à une ouverture demain matin.

L’idée, la voici, elle est toute simple. Elle ne manquera d’ailleurs pas de séduire par son éblouissante rusticité : créer un réseau français dématérialisé de l’occasion. Voilà qui à n’en pas douter renouvellera le marché de l’occasion ! Fort de leur expérience dans les publicités ciblées, les comparateurs de prix, les boutiques partenaires, etc. les différents sites de jeu vidéo ne nous proposent rien de moins qu’un moyen ultra simple et décentraliser d’échanger de l’occasion. Cela prendrait la forme d’un site, commun à quelques rédactions (unies par un sentiment d’injustice et un besoin de liberté), ou l’on pourrait acheter et vendre uniquement des jeux vidéo.

Comme il est fort probable que le lecteur reste dubitatif, il nous faut, pour appuyer nos dires, nous lancer dans un passage un peu plus technique, qui ne sera peut-être pas à la portée de tous, mais qui se révèle, à l’analyse, nécessaire.

Un peu de technique

L’idée principale est de favoriser les échanges entre joueurs, directement, sans un intermédiaire (type Micromania ou Fnac) qui se remplirait les poches au passage.
Lors de votre inscription sur le site, en plus des informations classiques, vous renseignerez une liste de vos jeux et types de jeux préférés, ce qui vous permettra de recevoir automatiquement les nouvelles offres d’occasion qui pourraient vous intéresser. De plus, vous pourrez facilement réserver le jeu de votre choix d’un simple clic. L’idée vous l’aurez compris étant de mettre en place un système dans lequel les personnes désirant se défaire d’un bien, pourraient rencontrer celles désirant en faire l’acquisition.

À cela s’ajoutent des prix qui pourront varier afin d’inciter les personnes qui possèdent le jeu recherché à le revendre. Nous ne savons pas exactement la forme que prendra cet élément, mais il semble raisonnable de penser qu’il s’agit d’articuler le besoin des personnes qui recherchent le jeu avec ce que les possesseurs du titre veulent en obtenir.

Tout cela n’a rien de simple, et encore une fois, les gens derrière tout ça ont bien conscience d’innover, de prendre un gros risque, mais c’est à ce prix que l’on pourra sans doute voir les choses bouger dans le monde du jeu vidéo.

Combien cela va-t-il me coûter ? Voilà sans doute la question qui vous brûle les lèvres, et bien c’est très simple : 0€ ! Les personnes derrière le projet sont profondément conscientes des difficultés que peut traverser chacun d’entre vous, et comme ils se sentent extrêmement concernés par tout ça, ils ont décidé que tout cela ne devait pas vous coûter un centime. Totalement gratuit !

L’avenir ?

À n’en pas douter, cette initiative remportera votre adhésion massive, surtout si elle bénéficie de la mise en avant qui est espérée par ses géniteurs.

Vous verrez sans doute dans les jours prochains fleurir les annonces sur le sujet.


Logo article
By Alex No Logo aka blackheartking.com (xtyler)
http://www.flickr.com/photos/xtyler/

par Eidolon

Messages

  • J’attends ça avec une impatience non feinte, par contre je vois pas le rapport.


    • Eh bien, à moins que mon sens du second degré ne se soit dangereusement émoussé, tu nous dis que pour plus d’indépendance dans la presse JV, il faut monter Leboncoin du jeu vidéo.

      J’aime beaucoup les occases mais là je vois vraiment pas le rapport.


    • non, visiblement pas si émoussé que ça, tu as très bien saisis.

      Ce genre de rapport est tout simplement impensable. Pour les raisons précisément qui sont avancées comme étant infondées dans l’article.

      Mais on aurait pu trouver cet article sur un site francophone sans problème. L’art de transformer n’importe quoi en marque d’indépendance ou de professionnalisme.

      L’exemple type, c’est la réponse aux critiques des campagnes publicitaires ultra envahissante sur les sites français : "si l’on fait autant de bruit pour un jeu, c’est par courage critique, parce qu’on s’engage auprès des titres que l’on juge bon, la preuve on les sélectionne". Récemment, Gameblog.fr et jeuxvideo.com ont été hyper courageux avec des petits jeux pas très connu comme GT5 ou WoW par exemple... chapeau les gars.

      Enfin, je n’allais pas refaire les très bons articles de Numericity ou Devant ton écran.


    • Hey ! On était pas si loin du compte avec notre connerie. Voilà qu’ils pensent à un syndic pour défendre leur vertu :

      http://www.gameblog.fr/chronique_424_edito-23-reponses-a-vos-questions-sur-l-affaire-activision


    • C’est tordu du slip cette histoire. Ils veulent se constituer en association (ils parlent de "Syndicat" mais je connais mal le droit syndical, j’ignore donc si cela leur sera possible) pour quoi faire, au juste ? S’assurer qu’ils seront toujours invités aux soirées Activision ?

      Je me méprends peut-être sur la condition du journaliste/critique, mais je suis un peu désarçonné devant l’acharnement de Gameblog à défendre ce modèle traditionnel de relations éditeur/presse. Traiter l’actu du jeu vidéo est-il impossible sans les soirées Activision ? Critquer un jeu de manière pertinente est-il inconcevable si les éditeurs cessent de les envoyer gratuitement ? Plus sérieusement, gager sa vie en parlant de jeu vidéo est-il inimaginable sans les bannières de pub géantes des éditeurs ? Il faut croire que oui, l’article de Gameblog sur leur blacklistage étant illustré d’une bouche cousue (genre blacklist = bâillonnement). Et depuis le temps que JulienC et compagnie font ce métier, ils ont dû se poser plus d’une fois toutes ces questions. Faut-il en conclure qu’ils ont opté pour la moins pire des solutions ?


    • Je suis un ignorant en matière de droit - pas que, mais en droit particulièrement - en revanche, il me semble assez évident qu’il s’agit en effet de trouver un moyen de ne pas se faire enquiquiner par les éditeurs, de se conserver dans ce que l’on est, dans l’activité qui est la nôtre aujourd’hui. Pour être plus clair encore, il me semble que le but d’une telle structure n’est même pas dissimulé : maintenir le rapport actuel avec les éditeurs, on ne parle de transformation à aucun moment... aucune volonté affichée de réduire la dépendance à la publicité par exemple.

      Si je ne peux pas dire ce qui se passe dans la tête des gens de GB, il me semble évident - quand on voit les principes éthiques mis en avant, la manière ces principes jouent les uns contre les autres, et surtout, comme le dit souvent Tonton, cette affichage permanent d’idéaux alors que l’on agit exactement en sens inverse de ce qu’ils commandent -, que tout cela n’est pas véritablement réfléchit...


  • この記事はすごく面白いだと思う comme on dit au japon
    ou des choses qui méritaient d’être dites !!


  • Juste pour info, ce n’est pas Halo 2 le premier jeu à avoir initié la méthode du "test contrôlé et chronométré" chez l’éditeur. C’est Enter the Matrix d’infogrames en 2003 (je crois de mémoire) qui a ouvert le bal.

    Ce fut mon plus mauvais papier (son test) en 10 ans d’activité, avec quelques premiers articles - erreurs de jeunesse - dont je ne suis pas fier mais que j’assume vues les conditions de travail qui étaient les miennes à l’époque...

    Juste pour apporter une précision sinon article intéressant, comme d’hab’ !

    Ivan Dubessy
    - n’est plus dans "le système" et est heureux -


    • Je me disais bien qu’on avait dû avoir recours à ce genre de pratiques auparavant, et merci pour la précision.

      Ce qui m’intéressait ici, comme tu l’as compris c’est la réaction de la presse aujourd’hui. Qu’est-ce qui fait qu’on a l’impression que ça craque, alors qu’en réalité ça ne craque pas. Ensuite, il ne s’agit que d’une connerie de plus sur interface ;)


    • En fait, le problème de "cette presse" est Historique et je pense que tu as mis le doigt dessus, par ce billet et même d’autres : que l’on change les journalistes tous les deux ans ou les cadres tous les cinq, rien ne changera car personne ne s’attaque au vrai problème : changer le rapport historique qu’entretient cette presse à l’industrie et inversement, vue que la relation est mutuelle.

      Bref, pas de révolution possible dans cette "institution", donc rien de bon à en attendre. On aurait pu espérer un changement avec Internet, mais évidemment, les "fameux bons journalistes irréprochables" du papier se sont emparés également du nouveau média pour y reproduire leurs mauvaises coutumes.

      D’où la nécessité de ce genre de site (celui-ci), l’arrêt sur images du jeu vidéo, la surveillance de la suffisance...

      C’est ingrat mais il faut bien que quelqu’un fasse le job.

      Ivan Dubessy


    • Merci, ça change des insultes comme dirait Tonton.

      Pour ma part, non seulement le changement est possible, mais il est effectif au jour le jour. Déjà la presse ne ressemble plus tout à fait à ce qu’elle était au lancement d’interface. Avec la multiplication des sites "amateurs" (qui cachent souvent des gens à l’intérieur, à la marge, ou récement éjecté de l’industrie - normal dira-t-on...) et le rachat de pas mal des petites structures par de grands groupes, M6 par exemple, j’ai un peu l’impression qu’on assiste à une hyper-spécialisation. Guide d’achat pour les uns, critique "intellectuelle" destiné aux "insiders" pour les autres, et même, sans doute, de véritables cocus pillé et jamais cité.

      Bref, il y a du mouvement, ne serait-ce que dans la presse. Il faudrait simplement espérer que dans les temps qui arrivent le média ne se vivent que sur le mode du mythe et de la narration héroïque de soi, oubliant alors tout ce qui est modes de production, et travail critique. Mais là, il faudrait que je sois un peu plus clair, ce qui est dur dans un post. Mais il y a quelques articles ici qui montre ce que je tente de dire ^^


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Notes


[1Une autre chose contre laquelle la presse française se bat avec force contrairement à ce qu’essaient d’expliquer les envieux de chez Numericity et MerlanFrit

[2Ce que dénonce héroïquement Joypad ce mois-ci ! Voir l’article du Merlan Frit

[3balader ici bien sûr ne doit pas être pris au sens littéral